L’ancien président sénégalais pourrait se lancer dans la course à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), quelques jours après son retrait de la compétition pour le secrétariat général des Nations unies. Une candidature encore non officialisée, qui intervient dans un contexte de tensions diplomatiques et de contraintes réglementaires à l’approche du sommet de Phnom Penh, les 14 et 15 novembre 2026.
Macky Sall pourrait-il rebondir à la tête de la Francophonie après avoir renoncé à briguer le secrétariat général de l’ONU ? Selon Africa Intelligence, l’ancien chef de l’État sénégalais mène depuis plusieurs semaines des discussions discrètes avec différentes capitales en vue d’une éventuelle candidature au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Une annonce officielle pourrait intervenir dans les prochains jours, à quelques semaines du sommet de Phnom Penh, prévu les 14 et 15 novembre 2026. À ce stade, cette candidature reste toutefois à confirmer.
Le 17 octobre, Macky Sall avait annoncé le retrait de sa candidature à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies, au lendemain d’un vote informel du Conseil de sécurité. Dans sa déclaration, il expliquait avoir pris cette décision après des consultations avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la CEDEAO. Il disait espérer contribuer à « l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité ».
L’hypothèse d’une candidature à l’OIF intervient alors que la succession de la Rwandaise Louise Mushikiwabo suscite des tensions. La perspective d’un troisième mandat de la secrétaire générale sortante est contestée, notamment par la République démocratique du Congo, qui a menacé de quitter l’organisation. Kinshasa, premier pays francophone au monde par sa population, remet ainsi en question les équilibres au sein de l’institution.
Dans ce contexte, Macky Sall pourrait être présenté comme une option de compromis entre les candidatures déjà évoquées. Une éventualité qui ne garantit toutefois ni son entrée officielle dans la course ni l’adhésion des États membres. Les soutiens attribués au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et à son homologue ivoirien Alassane Ouattara, tout comme l’accueil qui pourrait lui être réservé à Paris, relèvent pour l’heure des informations rapportées par la presse et des tractations diplomatiques supposées.
La principale difficulté demeure cependant le calendrier. Les règles de sélection adoptées par l’OIF en 2022 encadrent le dépôt des candidatures, qui doit intervenir au plus tard six mois avant le sommet électif. Elles prévoient également la présentation de la vision stratégique des candidats trois mois avant le sommet. Or, les auditions ont déjà eu lieu et la réunion de Phnom Penh est prévue les 14 et 15 novembre. Une candidature tardive supposerait donc des aménagements dont la possibilité et les modalités restent incertaines.
L’organisation a déjà connu une direction sénégalaise avec Abdou Diouf, élu en 2002 et secrétaire général de la Francophonie de 2003 à 2014. Mais ce précédent ne préjuge pas de l’issue de la prochaine désignation. Pour Macky Sall, l’enjeu est désormais de savoir si les discussions rapportées par Africa Intelligence se traduiront par une candidature formelle, et si celle-ci pourra être examinée dans le respect des règles de l’organisation.
À moins d’un mois du sommet, l’éventuelle entrée de l’ancien président sénégalais dans la course pourrait rebattre les cartes de la succession. Elle reste néanmoins suspendue à une annonce officielle et à la capacité des États membres à trouver un accord sur le prochain secrétaire général.
