La psychose liée aux supposées « disparitions de sexe » continue de provoquer des scènes de tension dans plusieurs quartiers de Lomé et dans d’autres localités du Togo. Malgré les appels au calme lancés par les autorités, des accusations non vérifiées continuent de circuler, notamment sur les réseaux sociaux et par le bouche-à-oreille, entraînant parfois des attroupements, des violences et des actes de justice populaire.
Face à cette situation, les forces de sécurité commencent à mettre en œuvre les mesures annoncées par le gouvernement. Le ministre de la Protection civile, le colonel Calixte Batossi Madjoulba, avait appelé la population à ne pas céder à la panique et à éviter de se faire justice elle-même, tout en prévenant que les personnes impliquées dans des violences ou des troubles à l’ordre public seraient interpellées.
Sur le terrain, les rumeurs persistent pourtant. Des personnes affirment régulièrement avoir constaté la disparition de leur sexe après un simple contact avec un inconnu. Ces accusations, qui ne reposent à ce stade sur aucune preuve établie, peuvent rapidement provoquer la mobilisation de foules et conduire à des violences contre des personnes désignées comme suspectes.
C’est dans ce contexte que les services de police ont procédé à plusieurs interpellations. Deux incidents récemment pris en charge par le poste de police de Cacavéli illustrent cette nouvelle orientation. Le premier s’est produit aux abords de l’école La Source, tandis que le second a été signalé la veille dans le secteur de Fan Milk, à Agbalépédo.
Dans les deux cas, les personnes accusées ont été conduites au commissariat pour être entendues. Les individus soupçonnés d’avoir participé aux actes de violence ont également été interpellés par les forces de l’ordre.
Les premières vérifications effectuées dans l’une des affaires n’ont, par ailleurs, révélé aucune disparition d’organe. Un plaignant qui affirmait avoir perdu son sexe a été conduit à l’hôpital de Cacavéli pour des examens médicaux. Selon les informations rapportées, les examens n’ont révélé aucune anomalie et ont établi que son organe était bien présent et ne présentait aucune atteinte particulière.
Ces vérifications viennent renforcer les appels des autorités à la prudence et à la responsabilité face à des rumeurs dont les conséquences peuvent être dramatiques. Dans ce climat de peur, l’enjeu n’est désormais plus seulement de démentir les prétendues disparitions, mais également de prévenir les violences qu’elles peuvent provoquer.
Les personnes interpellées pour leur implication présumée dans des actes de violence, des troubles à l’ordre public ou des atteintes à l’honneur de citoyens injustement accusés devraient être présentées à la justice. Une manière pour les autorités de rappeler que, face à une rumeur ou à une situation inhabituelle, la vérification des faits doit primer sur la violence et la justice populaire.
