Mobilisation des ressources locales : l’ANFCT renforce les capacités des acteurs d’Akébou 2, Wawa 1 et Wawa 2

L’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT) a achevé, le vendredi 24 juillet 2026 à Témadja, une session de formation de trois jours consacrée à la mobilisation des ressources financières locales. La rencontre a réuni une cinquantaine d’acteurs de la décentralisation issus des communes d’Akébou 2, Wawa 1 et Wawa 2, avec pour objectif de renforcer leurs compétences et d’améliorer le recouvrement des recettes au niveau communal.

Maires, présidents et rapporteurs des commissions des finances, contrôleurs financiers délégués, receveurs municipaux, trésoriers régionaux, secrétaires généraux, directeurs administratifs et financiers (DAAF/RAF), régisseurs et agents de recouvrement ont, pendant trois jours, travaillé sur les différents mécanismes permettant aux collectivités de mieux mobiliser leurs ressources. La diversité des profils réunis traduit la volonté de l’ANFCT d’agir sur l’ensemble de la chaîne de mobilisation et de gestion des recettes locales.

Animée par Boukary Ayouma, trésorier des communes Golfe 1, 4 et 6, la formation a porté notamment sur le cadre juridique et réglementaire de la fiscalité locale, les catégories de ressources internes et externes mobilisables par les communes, ainsi que les procédures de recouvrement des recettes fiscales et non fiscales et des financements extérieurs. Une attention particulière a été accordée à la clarification des rôles et responsabilités des différents acteurs, afin de réduire les incompréhensions susceptibles de freiner l’efficacité de la gestion financière locale.

Cette initiative s’inscrit dans le programme national de renforcement des capacités mis en œuvre par l’ANFCT. Elle intervient dans un contexte où la mobilisation des ressources demeure l’un des principaux défis de la décentralisation. Dans plusieurs collectivités, les difficultés liées au recouvrement des recettes, à l’identification des contribuables, à la maîtrise des textes réglementaires et des procédures administratives et financières, ainsi qu’aux capacités techniques des agents continuent de limiter les marges de manœuvre des communes.

Pour répondre à ces contraintes, la session s’est articulée autour de trois axes majeurs : le cadre juridique des ressources financières des collectivités territoriales, l’organisation et le fonctionnement des régies de recettes, ainsi que les procédures concrètes de mobilisation des ressources. L’ambition est de permettre aux acteurs communaux de disposer d’outils pratiques pour améliorer la gestion des finances locales, renforcer la transparence et accroître l’autonomie financière des collectivités.

En clôturant les travaux au nom du préfet de l’Amou, TCHAMDJA Malaki, maire de la commune Wawa 1, a exprimé sa reconnaissance à l’ANFCT pour les outils mis à la disposition des participants. Il a appelé les acteurs à valoriser les acquis de la formation afin d’insuffler « une nouvelle dynamique à la mobilisation des ressources locales pour la réalisation de projets au bénéfice des populations ».

L’adjoint au maire de la commune Amou 3, M. AMEWOHA Ankou, représentant le maire, a également salué l’initiative. Selon lui, la formation a permis de « révéler les actes pour faire rentrer les fonds et les capitaux nécessaires dans les caisses des communes ». Des ressources qui, a-t-il souligné, doivent permettre de financer des activités, des projets et des investissements en faveur du développement durable.

Les participants

Les participants ont, pour leur part, insisté sur les difficultés concrètes auxquelles ils sont confrontés dans l’exercice de leurs missions. M. YAO Kokou Efabuè, président de la commission des finances de la commune Wawa 1, estime que la formation intervient à un moment opportun.

« C’est avec un grand plaisir que nous avons été conviés à ce séminaire, car la mobilisation financière est l’un des éléments indispensables pour que les moyens soient donnés aux ordonnateurs afin de mener une politique en faveur des populations. Le problème des ressources financières, dans près de 80 % des communes du Togo, constitue le maillon faible qui fait que la décentralisation patine encore », a-t-il déclaré.

Il a également évoqué une double difficulté : la nécessité de mieux faire comprendre aux contribuables l’utilité de leurs contributions et celle de renforcer les compétences des acteurs communaux chargés de la mobilisation des ressources.

« Avec ce séminaire, nous avons vu les implications de chaque acteur. Nous repartons mieux outillés, et les conseillers pourront à leur tour sensibiliser les contribuables pour que chaque contribution puisse servir à tous », a-t-il ajouté.

Même constat du côté de Mme AKUDA Yaa, comptable de la commune Akébou 2, qui a livré un témoignage sur les difficultés de répartition des responsabilités rencontrées dans l’exercice de ses fonctions.

« Avant cette formation, je faisais de mon mieux dans mes tâches, mais je rencontrais parfois des difficultés avec le trésorier et même avec l’exécutif municipal. Ce qu’on nous a montré ici est totalement différent. Chez nous, à Akébou 2, certaines tâches que les régisseurs devraient accomplir incombaient aux comptables. Cette formation vient tout changer. Je sais désormais comment travailler avec le maire, le régisseur et le receveur. J’ai vu ma part de responsabilité, celle du régisseur, ainsi que celle du maire », a-t-elle confié.

Elle a salué l’initiative de l’ANFCT et souhaité la multiplication de telles sessions pour permettre aux communes de mieux relever les défis liés à la mobilisation de leurs ressources.

Au terme de ces trois jours de travaux, l’ANFCT entend ainsi renforcer son accompagnement des collectivités territoriales dans la construction d’une gouvernance locale plus efficace. Pour Akébou 2, Wawa 1 et Wawa 2, le véritable défi commence désormais sur le terrain : traduire les connaissances acquises en pratiques concrètes afin d’améliorer durablement la mobilisation des recettes fiscales et non fiscales et, à terme, accroître les capacités des communes à financer leurs projets au bénéfice des populations.

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