Togo : des organisations politiques réclament des clarifications sur la présence présumée de forces étrangères

La question de la coopération militaire du Togo avec ses partenaires internationaux s’invite dans le débat public. Dans un communiqué rendu public ce 20 juillet 2026, la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Ligue des Démocrates pour le Développement (LDP) et le front « Touche Pas À Ma Constitution » expriment leurs préoccupations face à la présence présumée de personnels militaires ou paramilitaires étrangers sur le territoire togolais. Sans remettre en cause la nécessité de lutter contre l’insécurité, ces organisations appellent les autorités à davantage de transparence sur les accords de coopération en matière de défense.

Cette prise de position intervient dans un contexte sécuritaire marqué par les attaques attribuées à des groupes extrémistes dans la région des Savanes depuis novembre 2021. Pour faire face à cette menace, le gouvernement a renforcé son dispositif de sécurité à travers l’opération Koundjoaré, le maintien de l’état d’urgence sécuritaire depuis 2022, la mise en œuvre du Programme d’urgence pour la région des Savanes (PURS) ainsi que le développement de partenariats militaires avec plusieurs pays.

Les signataires rappellent notamment qu’en 2021, le Togo a conclu un accord de coopération en matière de défense et de sécurité avec la Turquie, à l’occasion de la visite officielle du président Recep Tayyip Erdoğan à Lomé. Ils évoquent également le renforcement des relations militaires entre Lomé et Moscou, faisant référence à des visites de responsables militaires russes, à la signature d’un partenariat de défense et à l’arrivée d’équipements militaires russes au port de Lomé en 2026.

Dans leur communiqué, les organisations indiquent que plusieurs médias internationaux ont fait état de la présence de personnels militaires ou paramilitaires étrangers, notamment turcs et russes, sur le territoire togolais. Elles soulignent toutefois qu’aucune communication officielle n’a confirmé ces informations ni précisé le nombre de personnels concernés, leurs missions ou leur statut.

Les quatre organisations demandent ainsi des éclaircissements sur plusieurs points qu’elles jugent d’intérêt national, notamment l’absence de débat public autour d’une éventuelle présence de forces étrangères, leur position dans la chaîne de commandement des Forces armées togolaises (FAT), leur éventuelle implication dans les opérations militaires, les garanties relatives au respect des droits humains ainsi que le coût financier de ces coopérations pour l’État.

Tout en réaffirmant leur soutien aux efforts de lutte contre l’extrémisme violent dans le nord du pays, elles appellent les autorités à ouvrir un débat public sur ces questions et demandent que d’éventuelles forces étrangères ne soient pas engagées dans des missions de surveillance, d’arrestation, d’intimidation ou de répression des populations.

Les signataires invitent enfin les citoyens à demeurer vigilants tout en poursuivant leur collaboration avec les forces de défense et de sécurité dans la lutte contre l’insécurité. Le communiqué est signé par Thomas Kokou Nsoukpoe pour la DMK, Sambiri Targoné pour la DMP, Tchagnaou Ouro-Akpo pour la LDP et Nathaniel Olympio au nom du front « Touche Pas À Ma Constitution ».

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